Amis des Manga


Le manga

Ethymologie :

Le mot japonais « manga » souvent traduit littéralement par « image dérisoire » ou « dessin non abouti », est composé de « ga », qui désigne la représentation graphique (« dessin », « peinture » ou toute image dessinée – comme l’estampe), et « man », « involontaire », « divertissant », « sans but », mais aussi « exagérer », « déborder » (qui peut être interprété comme caricature), ainsi qu’« au fil de l’idée ». Ainsi on pourrait aussi bien traduire ce mot par « dessin au trait libre », « esquisse au gré de la fantaisie », « image malhabile » ou tout simplement caricature ou grotesque dans le sens de Léonard de Vinci.

Il ne prend le sens précis de « bande dessinée » qu’au cours du xxe siècle, avec l’introduction de celle-ci au Japon. Lorsqu’elle y devient très populaire, après 1945 et grâce à Osamu Tezuka, le terme s’impose pour finir par ne plus désigner qu’elle. C’est ce terme qui est utilisé à l’étranger (France, États-Unis, Allemagne, etc.), pour caractériser la bande dessinée japonaise.

Quelques notions :

Le dessinateur de mangas est appelé mangaka. Il est soumis à des rythmes de parution très rapides, et ne bénéficie pas toujours d’une liberté totale sur son œuvre, selon la réception auprès du public. Si le manga connaît un fort succès, l’auteur devra prolonger son histoire, même s’il voulait la terminer. À l’inverse, certaines œuvres peu connues ne verront pas leurs suite et fin publiées.
Les manga se lisent souvent dans le sens inverse des bandes dessinées occidentales : de droite à gauche, ce qui correspond au sens de lecture japonais. Cela amène une certaine confusion puisque la lecture des mots se fait alors dans le sens inverse de celui des cases (ce qui n’est pas le cas au Japon). Introduits en France en 1978 avec la revue Le cri qui tue, les manga ne sont publiés dans ce sens que depuis 1995 environ. Toutefois, les éditeurs français ne se plient pas systématiquement à cette spécificité. Certains choisissent alors de simplement retourner les images, ce qui occasionne des incohérences qui peuvent être douteuses (un droitier qui devient gaucher, un coup porté au cœur qui perd son sens avec une image inversée ou encore un salut nazi effectué du bras gauche dans L’Histoire des 3 Adolf). D’autres adaptent entièrement les ouvrages en retournant seulement certaines images, changeant la mise en page et en redessinant certains éléments graphiques, ce qui a pour mérite de faire correspondre la forme des phylactères avec l’horizontalité des systèmes d’écriture occidentaux (Casterman notamment, dans sa collection Écritures), mais génère toutefois un surcoût significatif.
La plupart des éditeurs français ont actuellement adopté le sens de lecture japonais, dans un but d’économie et de respect de l’œuvre. Cela les expose à se couper d’un lectorat plus large (notamment âgé) que les habitués du genre, Hergé, en particulier, a codifié la BD pour une lecture de gauche à droite et le lecteur aux habitudes acquises risque de lire la fin d’une action ou d’un gag avant le début. Cependant, la vague de démocratisation qu’a connue le manga en France auprès des jeunes a fait que la plupart des lecteurs préfèrent désormais le sens de lecture japonais.
Le sens de lecture japonais est également devenu le standard de lecture des manga aux États-Unis depuis le début des années 2000.